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Les robots domestiques arrivent dans certaines maisons : la fausse bonne idée !

Plusieurs entreprises proposent désormais des robots humanoïdes capables de faire la vaisselle, plier le linge ou ranger vos courses. Certains modèles sont déjà en précommande. Mais entre le prix élevé, et surtout les risques de sécurité, je me demande si on n'est pas en train de foncer tête baissée.

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Imaginez la scène suivante : vous rentrez chez vous et un robot humanoïde a déjà vidé le lave-vaisselle, rangé les courses et plié votre linge. Ça ressemble à de la science-fiction, et pourtant plusieurs entreprises proposent déjà ce type de machines en précommande, avec des livraisons prévues dès la fin de l'année. Le robot NEO de la société norvégienne 1X coûte 20 000 dollars ou 499 dollars par mois en abonnement.

Mais (voilà le problème) : ces robots n'ont rien d'autonome. Ils ont besoin qu'un opérateur humain les pilote à distance pour de nombreuses tâches. Et au-delà des questions techniques, je me demande sérieusement si on mesure bien ce que ces personnes sont en train d'inviter dans leur vie privée.

Pourquoi tout le monde se lance dans les robots domestiques

Les robots humanoïdes, c'est le nouveau terrain de jeu des géants de la tech. Tesla avec Optimus, Figure AI avec le Figure 03, et maintenant 1X avec NEO : tous promettent des machines capables de vous assister dans les tâches du quotidien. L'objectif affiché est de vous libérer des corvées répétitives.

Une étude de Bank of America prévoit même que 3 milliards de robots humanoïdes pourraient être en service dans le monde d'ici 2060, dont 2 milliards dans les foyers. C'est colossal... mais ça reste qu'une estimation. Les entreprises voient dans la robotique domestique un marché gigantesque, bien plus large que l'industrie ou les entrepôts. Tesla a même arrêté temporairement la production de certains de ses véhicules pour installer une ligne de fabrication dédiée à Optimus dans son usine californienne.

Le marché commence à se structurer : 1X produit déjà 10 000 robots cette année dans son usine de Hayward et vise 100 000 unités annuelles l'année prochaine. Figure AI monte en cadence avec un objectif d'un robot par heure, soit 12 000 par an sur sa première ligne.

Le problème : des robots loin d'être autonomes

Sur le papier, ces robots savent faire plein de choses. NEO peut vider un lave-vaisselle, transporter des courses ou faire une lessive. Figure 03 utilise un modèle d'intelligence artificielle appelé Helix qui transforme ce que le robot voit en actions physiques. Optimus d'Elon Musk devrait même pouvoir tondre la pelouse.

Sauf que dans la réalité, ces machines ont besoin d'aide humaine pour réaliser de nombreuses tâches. 1X le reconnaît ouvertement : des employés de l'entreprise pourront prendre le contrôle du robot à distance pour le guider. Officiellement, c'est pour collecter des données et améliorer progressivement l'autonomie. Concrètement, ça signifie que vous payez 499 dollars par mois pour un robot qui a besoin qu'on le pilote depuis la Norvège. C'est exactement le même principe que ces milliers de travailleurs indiens filmés dans leurs gestes quotidiens pour entraîner les robots : l'autonomie promise nécessite d'abord des milliers d'heures de données humaines.

Tesla de son côté utilise ses premiers robots en interne dans ce qu'il appelle l'"Optimus Academy" pour les entraîner. JPMorgan estime que les premières ventes commerciales ne débuteront qu'au second semestre 2027, alors que Tesla parlait encore récemment d'une production à grande échelle cette année. Les délais glissent, signe que la technologie n'est pas encore au point. Pourtant, en août dernier, je vous expliquais comment les robots de Google DeepMind avaient franchi un cap en matière d'autonomie physique. La manipulation d'objets et les déplacements progressent, mais l'adaptation aux environnements domestiques imprévisibles reste le vrai défi.

Ce que vous devez savoir avant de craquer

  • Aucun de ces robots n'est vraiment autonome aujourd'hui. Ils nécessitent une intervention humaine régulière, parfois à distance, pour réaliser des tâches qu'ils ne maîtrisent pas
  • Vos données personnelles seront collectées. Les entreprises le disent clairement : elles ont besoin d'enregistrer ce qui se passe chez vous pour améliorer les performances de leurs machines

Posez-vous la question de la vie privée. Acceptez-vous qu'une entreprise collecte des images et des données sur votre quotidien pour entraîner ses algorithmes ?

Personnellement, je comprends pas cet engouement pour les robots domestiques. On a déjà assez d'objets connectés dans nos maisons. Avant d'ajouter une machine humanoïde qui filme notre intérieur et a besoin d'être pilotée à distance, demandons-nous simplement : est-ce que ça améliore vraiment notre vie, ou est-ce juste une nouveauté coûteuse (et pas que monétaire) ?

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