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Meta voulait aspirer le contenu de votre site web pour entraîner son IA

Si vous gérez une page Facebook ou Instagram pour votre entreprise, Meta s'apprêtait à vous imposer un nouveau droit : celui d'aspirer automatiquement le contenu de votre site web pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle. Sans vous payer, évidemment. L'entreprise a fait marche arrière après la polémique, mais le problème reste entier.

Sources utilisées :

Meta prévoyait d'imposer de nouvelles conditions d'utilisation dès le 30 octobre. Le principe ? Toute organisation gérant une page Facebook ou Instagram aurait automatiquement autorisé l'entreprise à parcourir son site web avec des robots collecteurs, et à utiliser le contenu trouvé pour développer ses technologies d'IA. Des experts juridiques ont calculé que ces clauses donnaient à Meta un accès gratuit à des contenus dont les licences lui coûteraient normalement des millions de dollars.

En gros, si vous aviez une page professionnelle sur Facebook ou Instagram, Meta s'accordait le droit de visiter votre site, d'en copier les articles, les photos, les descriptions de produits, puis d'utiliser tout ça pour améliorer ses outils commerciaux et publicitaires. Le tout sans vous demander votre avis ni vous verser un centime. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les géants de la tech se servent ainsi : OpenAI avait entraîné ChatGPT sur des millions d'articles protégés sans autorisation, une pratique qu'un dirigeant de Microsoft qualifiait même de « vol d'une ampleur sans précédent ».

Pourquoi tant d'entreprises dépendent de Meta

Aujourd'hui, avoir une page Facebook ou Instagram est devenu presque obligatoire pour beaucoup d'organisations. C'est souvent le premier point de contact avec les clients, l'endroit où on partage ses actualités, où on répond aux questions. Les médias y diffusent leurs articles, les commerces y annoncent leurs promotions, les associations y mobilisent leurs membres.

Cette dépendance pose un problème simple : quand Meta change ses règles, vous n'avez pas vraiment le choix. Soit vous acceptez les nouvelles conditions, soit vous perdez l'accès à votre audience. C'est exactement ce que déplore Laure de Lataillade, directrice du groupement des éditeurs de services en ligne : les plateformes imposent des contrats que personne ne peut vraiment négocier, et les entreprises se retrouvent coincées entre abandonner leur visibilité ou accepter des clauses défavorables.

Ce que Meta voulait s'autoriser à faire

Les nouvelles conditions prévoyaient que Meta pouvait utiliser des logiciels automatisés pour accéder, indexer, analyser, collecter et explorer les sites web associés aux pages professionnelles. L'entreprise se donnait aussi la possibilité de créer des identifiants de test pour contourner certaines protections.

Meta pouvait utiliser tout contenu trouvé pour « fournir, développer, améliorer, rechercher, entraîner et maintenir l'intégrité » de ses produits. Ce mot, « entraîner », c'est le terme technique pour dire qu'on nourrit une intelligence artificielle avec des données. Concrètement, votre travail devenait du matériau gratuit pour les algorithmes de Meta.

L'entreprise a d'abord tenté de minimiser l'affaire en expliquant qu'elle ne faisait que regrouper des clauses déjà existantes ailleurs dans ses documents. Elle a aussi rappelé que les propriétaires de sites pouvaient utiliser le fichier robots.txt pour indiquer leurs préférences. Sauf que ce fichier technique reste méconnu de beaucoup d'entreprises, et rien ne garantissait que Meta le respecterait vraiment avec ses identifiants de test.

Le recul après la polémique

Face à la controverse, Meta a fini par clarifier ses intentions et modifier ses conditions. Le verbe « entraîner » a disparu du texte. L'entreprise assure maintenant que ces clauses ne visent que ses produits publicitaires et commerciaux, et qu'il n'est pas question de collecter automatiquement le contenu des sites d'information.

Une bonne nouvelle pour le moment,  mais le problème de fond reste entier. Meta a tenté le coup, s'est fait attraper, et a reculé. Rien n'empêche une nouvelle tentative, formulée différemment, dans six mois ou un an.

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