Récap

Cyber Recap du 13 au 19 juillet

Résumé

Retard français sur la directive NIS2, pixels de suivi dans vos emails, espionnage russe de longue durée, arnaques via FaceTime, Shadow AI en entreprise et pillage musical par l'IA Suno : retour sur une semaine chargée en actualités cybersécurité.

La France poursuivie pour son retard sur la cybersécurité des infrastructures critiques

La Commission européenne s'apprête à traîner la France devant la Cour de justice de l'Union européenne pour n'avoir pas appliqué à temps la directive NIS2, censée renforcer la protection des secteurs essentiels : hôpitaux, réseaux électriques, transports, eau potable. Sur 27 pays membres, seuls 4 ont respecté la date limite d'octobre 2024. Le gouvernement français souhaite combiner cette directive avec une autre sur la résilience des infrastructures, mais les retards s'accumulent. Résultat : des millions d'euros d'amende potentiels et surtout, des infrastructures qui restent vulnérables face aux cyberattaques qui, elles, ne prennent pas de vacances administratives.

Pixels de suivi dans vos emails : la CNIL impose de nouvelles règles

Depuis le début du mois de juillet 2026, votre boîte email déborde probablement de messages titrant « Information relative à vos emails ». Banques, e-commerçants, plateformes… tous vous parlent de pixels de suivi. Ces minuscules images invisibles insérées dans les emails permettent de savoir si vous avez ouvert le message, à quelle heure, depuis quel appareil, et parfois même votre localisation approximative via votre adresse IP. Jusqu'ici, cette pratique était largement utilisée sans vous demander votre avis. Le 14 juillet, la CNIL à changé la donne : désormais, pour les campagnes marketing, les entreprises doivent obtenir votre consentement explicite et vous expliquer ce qu'elles collectent.

Cette vague de notifications est l'occasion de reprendre la main. Prenez le temps d'ouvrir ces emails et de gérer vos préférences. C'est aussi le moment idéal pour faire le tri dans vos abonnements : avez-vous vraiment besoin de recevoir autant d'emails promotionnels ?

Espionnage russe : la France ciblée depuis plus de 20 ans

Le CERT-FR a officiellement attribué au FSB russe (16ème Centre) une campagne d'espionnage numérique visant la France depuis 2004. Ministères, entités diplomatiques, défense, justice : les cibles sont stratégiques et la compromission massive. Le groupe Turla, responsable de ces attaques, utilise un mode opératoire sophistiqué basé sur la furtivité et la persistance. Les attaquants s'installent durablement, observent, collectent des informations sensibles sur le long terme. Cette campagne est toujours active, notamment contre l'Ukraine, l'UE et l'OTAN, dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne.

FaceTime détourné pour des arnaques de plus en plus crédibles

Apple alerte ses utilisateurs : FaceTime, l'application d'appels vidéo réputée fiable, est massivement détournée par des escrocs pour soutirer de l'argent ou des données bancaires. Le principe est simple mais redoutablement efficace : voir son interlocuteur à l'écran nous rassure et nous donne l'impression de contrôler la situation. C'est précisément ce que les fraudeurs exploitent. Faux conseillers bancaires, techniciens bidons, fausses autorités exhibant uniformes et insignes… les scénarios varient, mais le schéma reste le même : un SMS ou un appel vous alerte d'un problème, puis vous êtes invité à passer sur FaceTime pour le « résoudre ». Sous pression, on vous demande de partager votre écran, saisir vos codes bancaires ou effectuer un virement vers un compte soi-disant « sécurisé ».

A retenir : aucune banque ou administration ne vous demandera jamais de partager votre écran ou de communiquer vos codes par appel vidéo non sollicité. La vidéo ne garantit rien : uniformes, bureaux, logos peuvent être facilement mis en scène. Si vous recevez une alerte, contactez vous-même l'organisme concerné via le numéro officiel de leur site web, jamais celui qu'on vous a donné.

Shadow AI et mauvaises habitudes

Une étude mondiale menée par WatchGuard révèle des chiffres alarmants : 64 % des employés utilisent des outils d'IA non autorisés au travail, 76 % réutilisent leurs mots de passe, 70 % travaillent depuis le Wi-Fi public sans protection, et 50 % accèdent aux données de l'entreprise sans VPN. Ces comportements quotidiens, souvent adoptés en toute bonne foi pour gagner du temps, créent des risques que la plupart des PME ne voient même pas. Le « Shadow AI » (IA fantôme) désigne l'usage non contrôlé d'outils comme ChatGPT ou Gemini : gratuits, rapides, impressionnants, mais capables de stocker les données qu'on leur confie. Un devis client, un fichier RH ou encore une stratégie commerciale… autant d'informations sensibles qui échappent au contrôle de l'entreprise.

Le risque cyber ne vient plus seulement de l'extérieur, mais des habitudes de travail. Mettez par exemple en place un gestionnaire de mots de passe et l'authentification multifacteur partout où c'est possible. Établissez une politique claire sur l'usage de l'IA : quels outils sont autorisés, quelles données peut-on y transmettre ?
Et sensibilisez régulièrement vos équipes : une formation annuelle ne suffit pas, il faut des rappels réguliers. Enfin, ouvrez le dialogue : savez-vous réellement quels outils vos collaborateurs utilisent au quotidien ?

Suno : quand l'IA musicale aspire massivement les créations d'artistes

Un pirate informatique a révélé que Suno, plateforme d'IA capable de générer de la musique complète en quelques secondes, s'est entraînée en aspirant massivement du contenu : plus de 113 000 heures depuis YouTube Music, 17 600 heures depuis Genius, des dizaines de milliers d'heures supplémentaires depuis d'autres plateformes. Le code source dérobé montre que l'entreprise ciblait spécifiquement des versions a cappella pour isoler les voix, et passait par Bright Data, société spécialisée dans le scraping à grande échelle, pour contourner les protections techniques de YouTube. Suno défend un usage relevant du « fair use » américain, mais les majors de l'industrie musicale, qui poursuivent déjà l'entreprise en justice, contestent frontalement cette lecture.

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