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Suno : une IA musicale qui a aspiré des milliers d'heures de musique en ligne

Un pirate informatique a révélé que Suno, plateforme d'IA générant de la musique en quelques secondes, s'est entraînée en aspirant massivement YouTube, Deezer et d'autres plateformes. Une pratique qui relance le débat sur le pillage des contenus créatifs par l'intelligence artificielle.

Sources utilisées :

Plus de 113 000 heures de musique aspirées depuis YouTube Music, 17 600 heures depuis Genius, des dizaines de milliers d'heures supplémentaires récupérées sur d'autres plateformes. Un pirate informatique vient de dévoiler comment Suno, l'une des IA musicales les plus populaires, a constitué ses données d'entraînement. Et l'ampleur du pillage fait froid dans le dos.

Suno promet de transformer n'importe quelle idée en chanson complète en quelques secondes. Il suffit d'écrire « chanson pop entraînante sur l'été, voix féminine » pour obtenir un morceau prêt à l'écoute. Mais derrière cette apparente magie se cache un pillage industriel de contenus créatifs dont l'ampleur vient d'être révélée par une fuite massive.

Pourquoi Suno est devenue si populaire

Suno s'est imposée comme l'une des plateformes de génération musicale par IA les plus utilisées. Son fondateur, Mikey Shulman, défend une vision pour le moins provocante : « la plupart des gens n'aiment pas faire de la musique », ce qu'ils aiment, c'est le résultat. Partant de ce postulat discutable, l'entreprise américaine a développé un outil capable de produire des morceaux complets en quelques clics.

L'attrait est évident : pas besoin de savoir jouer d'un instrument, de comprendre le solfège ou même de savoir chanter. Vous donnez une idée et l'IA fait le reste (un peu comme tous les outils qui sortent depuis 2 ans...). Mais cette accessibilité est le prix du travail créatif réel des musiciens, des compositeurs, des artistes dont les œuvres ont servi à entraîner ces modèles sans leur consentement.

Comment le piratage a révélé les méthodes de Suno

Un pirate se faisant appeler ellie.191 a infiltré les systèmes de Suno en novembre 2025, en compromettant un employé via une attaque dite de « supply chain ». Il a ensuite transmis au média américain 404 Media des documents internes datant de 2023 et 2024, révélant précisément comment l'entreprise a constitué ses bases de données.

Les fichiers de code source dérobés contiennent des commentaires détaillant les sources : plus de 113 000 heures depuis YouTube Music, environ 17 600 heures depuis Genius (site de paroles), plus de 62 000 heures de la bibliothèque Pond5, ou encore plus de 152 000 heures d'un corpus baptisé « ytm_tagged ». Au total, cela représente plusieurs dizaines d'années de musique aspirées.

Le recours au scraping industriel

Le code révèle également que Suno ciblait spécifiquement des versions a cappella de morceaux sur YouTube pour isoler les voix. Et surtout, l'entreprise passait par Bright Data, une société spécialisée dans le scraping à grande échelle, pour contourner les protections techniques de YouTube. Cette pratique pourrait violer le DMCA (loi américaine sur le copyright numérique) et les conditions d'utilisation des plateformes concernées.

Suno défend un usage relevant du « fair use » américain, arguant que ses modèles créent des œuvres originales. Mais les majors de l'industrie musicale, qui poursuivent déjà l'entreprise en justice, contestent frontalement cette lecture. Et la RIAA (association des labels américains) a confirmé que ces révélations corroborent leurs accusations.

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