Votre voiture électrique connaît l'adresse de votre domicile, votre lieu de travail, la salle de sport que vous fréquentez le mardi soir et ce petit restaurant où vous retrouvez votre médecin. Les véhicules connectés collectent en permanence vos données de localisation et ces informations en disent long sur votre vie privée.
Face à des fuites de données révélées ces dernières années chez plusieurs constructeurs de véhicules électriques, la CNIL vient de publier en juin 2026 des recommandations précises pour encadrer l'utilisation de ces données par les professionnels. L'objectif : vous garantir plus de transparence et un meilleur contrôle.
Des véhicules de plus en plus connectés
Les voitures connectées ne sont plus réservées aux modèles haut de gamme. Qu'il s'agisse de véhicules électriques, de services d'autopartage ou même de scooters en location, la plupart des moyens de transport modernes intègrent désormais des capteurs GPS et des systèmes de télématique.
Ces technologies permettent des services pratiques : navigation en temps réel, localisation du véhicule en cas de vol, assistance dépannage, maintenance prédictive, ou encore gestion de flotte pour les loueurs.
Mais le problème, c'est que pour fonctionner, ces services collectent et conservent vos trajets, parfois bien au-delà de ce qui est réellement nécessaire.
Des données très personnelles, des risques bien réels
La CNIL classe les données de localisation parmi les données hautement personnelles. Et pour cause : en retraçant vos déplacements, on peut facilement déduire :
- L'adresse de votre domicile et de votre lieu de travail
- Vos horaires et habitudes de déplacement
- Les lieux que vous fréquentez : établissements de santé, lieux de culte, associations, etc.
- Vos centres d'intérêt et aspects de votre vie privée
Prenez l'exemple d'une société de location de véhicules partagés qui conserverait l'intégralité de vos trajets. Elle pourrait reconstituer un portrait précis de votre vie : où vous habitez, où vous travaillez, où vous passez vos soirées. Ces informations sont intrusives et deviennent dangereuses en cas de piratage ou de fuite de données.
Pourquoi ces données sont-elles collectées si souvent ?
Le modèle économique des véhicules connectés repose en partie sur l'exploitation de ces données. Les constructeurs et loueurs peuvent les utiliser pour améliorer leurs services, optimiser leurs flottes, ou même les revendre à des partenaires. Mais cette collecte n'est pas toujours strictement nécessaire : conserver l'historique complet de vos trajets pendant des mois n'est généralement pas justifié, alors qu'un service de dépannage n'a besoin que de votre position actuelle.
Ce que vous devez savoir
- Les professionnels doivent limiter ce qu'ils collectent : fréquence de localisation, quantité de données, durée de conservation
- Votre consentement est obligatoire, sauf si les données sont strictement nécessaires à un service que vous avez demandé (la directive ePrivacy s'applique aux véhicules connectés)
- Vous avez des droits : accès, rectification, suppression de vos données
- L'information doit être claire : les professionnels doivent expliquer simplement quelles données sont collectées, pourquoi, qui y accède, et combien de temps elles sont conservées
- La CNIL recommande des outils simples comme des autocollants dans les véhicules ou des QR codes pour accéder facilement aux politiques de confidentialité