41 % des longs billets publiés sur LinkedIn seraient générés par intelligence artificielle. Ce chiffre, révélé début juillet par une étude Pangram, montre l'ampleur du problème : le réseau social professionnel est envahi par des contenus automatisés, souvent creux, qui polluent votre fil d'actualité.
Pour tenter de reprendre la main, LinkedIn vient d'introduire un nouveau bouton qui permet à chaque utilisateur de signaler ce qu'on appelle pudiquement de l'« AI slop », littéralement de la « bouillie d'IA ».
Pourquoi LinkedIn est particulièrement touché ?
LinkedIn, c'est le réseau professionnel de référence, utilisé par des millions de personnes pour trouver un emploi, développer leur réseau ou partager leur expertise. Les outils d'IA générative comme ChatGPT permettent de produire en quelques secondes un billet de plusieurs centaines de mots, avec un ton corporate impeccable. Résultat : des contenus qui sonnent creux, répètent des évidences, mais qui ressemblent à s'y méprendre à des publications authentiques. Et ça noie les vraies contributions sous un flot de textes standardisés.
Comment fonctionne ce nouveau signalement ?
LinkedIn à ajouté une nouvelle option dans le menu qui s'affiche lorsque vous cliquez sur les trois petits points d'une publication. L'intitulé est direct : "On dirait de l'IA slop". En cliquant dessus, vous signalez à LinkedIn que ce contenu vous semble généré par IA.

Le contenu ne sera pas supprimé pour autant. LinkedIn explique que ces signalements servent à « améliorer le fil d'actualité » et à ajuster ses algorithmes. L'auteur du billet recevra simplement un retour indiquant que sa publication « paraît manquer d'authenticité » ou semble recourir largement à l'IA.
Hari Srinivasan, chef produit chez LinkedIn, justifie cette approche par deux constats. D'abord, utiliser l'IA pour affiner ses idées n'est pas un problème en soi, ce qui compte, c'est l'authenticité du propos. Ensuite, les détecteurs d'IA automatiques se trompent régulièrement. LinkedIn préfère donc s'appuyer sur le jugement humain, celui de millions d'utilisateurs qui, collectivement, peuvent identifier ce qui sonne faux.
En parallèle, la plateforme travaille sur d'autres leviers : détection automatisée dans les commentaires, suppression de la fonction « améliorer votre publication » (qui modifiait trop profondément les textes), et limitation de la portée des contenus suspects.
Bref, enfin une réaction de LinkedIn face au fléau des contenus vides de sens sur leur plateforme, en espérant que ça ait l'effet souhaité.