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L'IA au travail : pourquoi vos managers sont débordés

73 % des salariés utilisent déjà l'IA au travail, mais moins d'une entreprise sur deux l'a officiellement déployée. Résultat : les managers se retrouvent à gérer seuls une transformation qu'ils n'ont pas toujours choisie, avec une charge de travail qui explose.

Sources utilisées :

73 % des salariés français déclarent aujourd'hui utiliser l'intelligence artificielle dans leur travail quotidien. C'est dix points de plus qu'il y a un an. Mais le hic, c'est que moins d'une entreprise sur deux a officiellement déployé ces outils. Autrement dit, beaucoup de collaborateurs expérimentent l'IA de leur côté, parfois avec des solutions trouvées sur internet, sans que leur employeur le sache vraiment.

Cette situation place les managers dans une position inconfortable : ils doivent accompagner une transformation qu'ils découvrent eux-mêmes, tout en continuant à faire tourner leurs équipes. Et pour 51 % d'entre eux, cet accompagnement augmente directement leur charge de travail.

L'IA s'installe plus vite que les entreprises ne s'organisent

Une étude menée par Greenworking et Ipsos auprès de 1 100 salariés du secteur privé montre que l'adoption de l'IA va nettement plus vite que son encadrement. Les collaborateurs l'utilisent principalement pour rédiger ou corriger des textes, faire des recherches, traduire ou synthétiser des documents. Des tâches d'assistance, certes, mais qui représentent déjà un changement dans la façon de travailler.

Sauf que cette adoption rapide s'accompagne d'un phénomène nouveau : les « usages fantômes » (shadow IA). Plus de six utilisateurs sur dix ne se limitent pas aux outils fournis par leur entreprise. Ils piochent ailleurs, testent d'autres solutions, parfois sans en informer leur manager, leurs collègues ou leurs clients. La tentation est compréhensible, quand un outil nous aide à gagner du temps, on l'utilise. Mais pour l'entreprise, cela pose un vrai problème de sécurité et de cohérence. En juillet dernier, je vous expliquais déjà comment ces outils d'IA non autorisés créent des risques invisibles que la plupart des PME ne voient pas venir.

Des gains de productivité qui ne diminuent pas la charge

Du côté des bénéfices, 75 % des salariés estiment gagner du temps grâce à l'IA. Ils travaillent plus vite et améliorent la qualité de leur production. Mais attention : ce temps gagné n'est pas du temps libre. Il est réinvesti ailleurs, notamment dans la vérification des résultats produits par l'IA. Parce qu'un texte généré automatiquement, ça peut être pratique, mais ça peut aussi contenir des erreurs ou des approximations qu'il faut corriger.

Parallèlement, 36 % des salariés pensent que leur emploi pourrait disparaître dans les dix ans à cause de l'IA. Une inquiétude qui ne porte pas tant sur une disparition brutale du poste que sur la transformation progressive du contenu du travail : qu'est-ce qui restera vraiment humain ? Quelle valeur ajoutée chacun pourra-t-il encore apporter ?

Et c'est là que le rôle du manager devient central. 53 % d'entre eux constatent déjà un impact sur leur fonction. Ils doivent désormais accompagner les usages, combler les écarts de compétences dans leurs équipes, fixer des repères… tout en préservant la qualité des relations humaines.

Mon conseil

Si vous êtes manager, je vous recommande de ne pas rester seul face à cette transformation. Demandez à votre direction une formation, pour vous et pour vos équipes. L'objectif n'est pas juste de savoir utiliser ChatGPT, mais de comprendre ce que l'IA peut faire, ce qu'elle ne peut pas faire, et surtout ce qui doit rester sous contrôle humain.

Si vous êtes salarié et que vous utilisez déjà l'IA, parlez-en ouvertement avec votre manager. Cela permet de partager les bonnes pratiques, d'éviter les risques et de mieux organiser le travail collectif.

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