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Géolocalisation sur smartphone : vos déplacements sont peut-être en vente

Plusieurs enquêtes récentes révèlent que des millions de données de localisation, collectées via des applications du quotidien, sont revendues à votre insu. La CNIL rappelle les règles et vous aide à reprendre le contrôle.

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Une application météo gratuite. Un jeu sur votre téléphone. Une app de rencontre. Des outils que des millions de personnes utilisent chaque jour. Mais derrière ces services apparemment anodins se cache parfois un marché très lucratif : celui de vos déplacements. Plusieurs enquêtes menées par des médias français et internationaux ont révélé l'existence de bases de données regroupant des millions d'historiques de localisation, collectés via ces applications du quotidien, puis revendus par des courtiers spécialisés.

Ces données permettent de reconstituer vos trajets avec une précision parfois très fine, sans que vous en ayez pleinement conscience. Face à ces constats, la CNIL vient de rappeler les règles applicables et met à disposition des utilisateurs une fiche pratique pour mieux protéger leur vie privée.

Pourquoi tant d'applications demandent votre position

La géolocalisation s'est imposée comme une fonctionnalité courante sur nos smartphones. Elle repose sur le GPS, mais aussi sur les connexions Wi-Fi, Bluetooth ou l'adresse IP de votre appareil. Concrètement, elle permet de déterminer où vous vous trouvez, à un instant précis ou en continu.

Pour certains services, c'est indispensable : une app de navigation ne peut pas fonctionner sans savoir où vous êtes. Idem pour la météo locale, certaines fonctions de sécurité, ou les services de mobilité. Mais au-delà de ces usages légitimes, la géolocalisation est aussi devenue un levier économique majeur pour monétiser des applications dites « gratuites ». Vos déplacements deviennent alors une ressource commerciale.

Le problème : un marché caché de vos trajets

Des données très révélatrices

Vos déplacements en disent beaucoup sur vous. Ils révèlent votre domicile, votre lieu de travail, vos sorties, mais aussi vos centres d'intérêt et parfois des informations sensibles : fréquentation d'un lieu de culte, d'un local syndical, d'une association, séjour dans un hôpital... Ces informations peuvent être exploitées à votre insu, y compris de manière malveillante.

Contrairement à une idée reçue, il n'est pas toujours nécessaire de connaître votre nom pour vous identifier. Quelques points de localisation suffisent souvent : votre domicile, votre lieu de travail, vos habitudes de déplacement forment une signature unique. Même lorsque les données sont présentées comme « anonymes » ou associées à un simple identifiant technique, elles peuvent être croisées avec d'autres informations pour retrouver votre identité. Plus les données sont précises et collectées sur une longue période, plus ce risque de réidentification augmente.

Un modèle économique opaque

Voici comment ça fonctionne : vous téléchargez une application gratuite de météo ou de sport. Elle a effectivement besoin de votre position pour vous fournir un service pertinent. Mais elle peut aussi utiliser ou partager ces données avec des partenaires publicitaires, ou les revendre à des courtiers en données (data brokers). Ces sociétés spécialisées constituent alors des bases de données massives, qu'elles commercialisent ensuite. C'est ce marché, souvent méconnu des utilisateurs, que les enquêtes récentes ont mis au jour.

Ce que vous devez savoir

  • Une géolocalisation permanente n'est pas toujours nécessaire au fonctionnement d'une application. Souvent, l'autorisation « uniquement lorsque l'application est utilisée » suffit largement.
  • Vous avez des droits : accéder à vos données, les faire supprimer, vous opposer à certains traitements. La CNIL propose désormais une fiche pratique pour vous aider à les exercer.
  • Les pratiques révélées par les enquêtes sont illégales au regard de la réglementation européenne sur la protection des données. Les autorités renforcent progressivement les contrôles.
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