Imaginez monter dans un taxi sans chauffeur, sans volant ni sans pédales : il n'y a que quatre sièges face à face et un écran tactile. C'est désormais une réalité commerciale aux États-Unis. Zoox, le service de robotaxis soutenu par Amazon, vient d'obtenir l'autorisation des autorités américaines pour facturer ses courses dans des véhicules 100 % autonomes. Une première mondiale qui franchit un cap symbolique et réglementaire.
Jusqu'à présent, ces véhicules futuristes roulaient gratuitement en phase de test. Mais le 30 juillet 2026, l'agence fédérale américaine pour la sécurité routière (NHTSA) a accordé à Zoox une dérogation temporaire lui permettant de passer à la commercialisation. La première ville concernée sera Las Vegas, où les passagers pourront bientôt réserver et payer leurs trajets comme dans un VTC classique.
Pourquoi cette autorisation arrive seulement maintenant
Vous avez peut-être entendu parler de Waymo, concurrent de Zoox, qui facture déjà ses courses autonomes depuis plusieurs années. Alors pourquoi Zoox a-t-il dû attendre cette dérogation spéciale ? La différence tient à la conception même du véhicule.
Les robotaxis de Waymo utilisent des voitures classiques modifiées, équipées d'un volant et de pédales même si personne ne s'en sert. Les véhicules Zoox, eux, ont été conçus dès le départ pour rouler sans intervention humaine et sans poste de conduite traditionnel. Juridiquement, ca change tout car ces véhicules ne répondent pas aux normes de sécurité fédérales américaines prévues pour les voitures « normales ».
C'est pourquoi Zoox a dû obtenir une dérogation réglementaire spécifique. Cette autorisation impose toutefois des limites strictes sur le nombre de véhicules autorisés à circuler, et reste temporaire le temps que les autorités évaluent les données de sécurité en conditions réelles.
Ce que ca change concrètement
- Une nouvelle forme de mobilité commerciale : pour la première fois, des passagers vont payer pour monter dans un véhicule totalement dépourvu de commandes manuelles de secours.
- Des questions de responsabilité inédites : en cas d'accident, qui est responsable quand il n'y a ni conducteur ni volant ? Le constructeur ? L'éditeur du logiciel ? L'opérateur du service ?
- Un précédent réglementaire : cette dérogation pourrait ouvrir la voie à d'autres services similaires aux États-Unis, et influence probablement les discussions réglementaires en Europe et ailleurs.
- Des données de sécurité scrutées de près : chaque incident sera analysé, et pourrait ralentir ou accélérer le déploiement de ces technologies selon les résultats.