La Commission européenne vient de classer ChatGPT parmi les « très grands moteurs de recherche en ligne » soumis au Digital Services Act (DSA). Une catégorie jusqu'ici réservée à Google, Bing ou DuckDuckGo. Cette requalification place OpenAI sous la surveillance directe de Bruxelles, avec des obligations que l'entreprise n'avait pas jusqu'à présent. OpenAI dispose désormais de quatre mois pour s'y conformer, sous peine de sanctions financières.
Concrètement, ChatGPT passe du statut de "simple" service d'intelligence artificielle à celui d'un acteur majeur du Web européen, au même titre que les géants américains. Et ça change tout ! L'Europe reprend la main sur un service utilisé par des millions de personnes, sans attendre que chaque pays décide de son sort individuellement.
ChatGPT : un outil devenu incontournable
Depuis son lancement fin 2022, ChatGPT s'est imposé dans le quotidien de millions d'utilisateurs. On l'interroge pour rédiger un mail, résumer un article, préparer un cours, traduire un texte ou chercher une information rapidement. Son interface conversationnelle le rend accessible à tous.
Mais cette popularité a aussi attiré l'attention des régulateurs. Car si ChatGPT ressemble à un assistant personnel, il fonctionne désormais aussi comme un moteur de recherche : il indexe des contenus du Web, affiche des résultats, et influence ce que vous trouvez ou ne trouvez pas. L'Europe considère donc qu'il doit être régulé comme tel.
Que change cette classification ?
En rejoignant la catégorie des « très grands moteurs de recherche en ligne », ChatGPT entre dans le cercle des services numériques les plus surveillés d'Europe. Cette qualification entraîne des obligations contraignantes qu'OpenAI devra respecter dans les quatre mois :
- Évaluer les risques : identifier les dangers potentiels du service (désinformation, manipulation, atteintes aux droits fondamentaux)
- Mettre en place des mesures d'atténuation : agir concrètement pour réduire ces risques
- Se soumettre à des audits indépendants : des organismes externes vérifieront que les engagements sont tenus
- Partager des données avec les régulateurs : la Commission pourra demander des informations sur le fonctionnement interne de ChatGPT
Ne considérez jamais ChatGPT comme une source d'information neutre ou vérifiée. Même sous surveillance européenne, un chatbot reste un outil probabiliste qui génère des réponses plausibles, pas nécessairement exactes.