WhatsApp annonce le déploiement de comptes supervisés pour les enfants de moins de 13 ans. Une première pour cette messagerie qui, jusqu'ici, indiquait simplement être réservée aux plus de 13 ans… sans jamais vérifier l'âge de ses utilisateurs. Mais derrière cette annonce, une question se pose : est-ce vraiment la solution au problème de l'exposition précoce des enfants aux messageries et réseaux sociaux ?
Cette initiative intervient dans un contexte tendu pour Meta. L'entreprise fait face à plusieurs procédures aux États-Unis l'accusant de mettre en danger ses jeunes utilisateurs. En France, les députés ont adopté fin janvier une proposition de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une interdiction qui pourrait aussi concerner certaines fonctionnalités de WhatsApp. L'Australie, elle, a déjà franchi le cap en interdisant l'accès aux moins de 16 ans depuis décembre 2025.
Pourquoi WhatsApp est devenu incontournable, même chez les enfants ?
WhatsApp est utilisé par plus de 2 milliards de personnes dans le monde. En France, c'est souvent la messagerie de référence pour les groupes familiaux, les discussions entre parents d'élèves, les clubs sportifs… Bref, une part importante de la "vie sociale" s'y déroule.
Résultat : de nombreux enfants se retrouvent avec un compte WhatsApp dès l'entrée au collège, voire avant, pour ne pas être exclus des échanges de groupe. Jusqu'ici, rien ne les empêchait de mentir sur leur âge lors de l'inscription car Meta n'effectuait aucune vérification.
Comment fonctionnent ces nouveaux comptes supervisés ?
Le principe est simple : un parent crée un compte enfant et le lie au sien. Pour cela, il doit placer son téléphone à côté de celui de l'enfant et prouver sa majorité via un selfie.
Une fois le compte créé, le parent dispose de plusieurs leviers de contrôle :
- Il décide qui peut contacter l'enfant et quels groupes il peut rejoindre
- Par défaut, seuls les contacts enregistrés peuvent envoyer des messages, les numéros inconnus sont bloqués automatiquement
- Le parent reçoit une notification chaque fois que l'enfant ajoute, bloque ou signale un utilisateur
- Les paramètres de confidentialité sont protégés par un code PIN que seul le parent peut modifier
Précision importante : le parent n'a pas accès au contenu des messages. Toutes les conversations restent protégées par le chiffrement de bout en bout.
Des fonctionnalités volontairement limitées
Ces comptes enfants ne donnent accès qu'à la messagerie et aux appels. Sont exclus : le chatbot Meta IA, les messages éphémères, les statuts (l'équivalent des stories Instagram) et les chaînes.
- Le déploiement commence cette semaine auprès d'un nombre limité d'utilisateurs, puis sera étendu progressivement. Meta ne précise pas quand il sera disponible en France.
- Jusqu'ici, rien n'empêchait un enfant de mentir sur son âge. Ces comptes supervisés sont une première tentative de vérification réelle.
- Ce système repose entièrement sur la coopération volontaire du parent et de l'enfant.
Ma question finale : avant de donner accès à WhatsApp, avez-vous déjà discuté avec votre enfant de ce qu'implique une messagerie en ligne, et des raisons pour lesquelles attendre quelques années pourrait être une meilleure option ?