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Reconnue par erreur par une IA : 6 mois de prison pour une grand-mère innocente

Une Américaine de 50 ans a passé près de six mois en prison après qu'un logiciel de reconnaissance faciale l'ait identifiée à tort comme suspecte d'une fraude bancaire. Elle n'avait jamais mis les pieds dans l'État où le crime avait eu lieu.

Angela Lipps, grand-mère de cinq petits-enfants, a été arrêtée chez elle en juillet dernier alors qu'elle gardait quatre enfants. Des marshals américains l'ont embarquée sous la menace d'une arme. Motif : un logiciel de reconnaissance faciale l'avait désignée comme suspecte d'une fraude bancaire… dans un État où elle n'avait jamais mis les pieds. Elle a passé près de six mois derrière les barreaux avant que la police ne réalise son erreur.

Pendant ce temps, faute de pouvoir payer ses factures, elle a perdu sa maison, sa voiture et même son chien ! Le rêve américain...

La reconnaissance faciale s'est imposée dans la police américaine

La reconnaissance faciale est devenue un outil courant dans les enquêtes policières aux États-Unis. Les forces de l'ordre utilisent ces logiciels pour comparer des images de vidéosurveillance avec des photos issues de bases de données (permis de conduire, réseaux sociaux, fichiers judiciaires). L'objectif est d'identifier rapidement des suspects dans des affaires de vol, fraude ou criminalité organisée.

Ces systèmes promettent gain de temps et efficacité (la preuve !). Mais ils reposent sur des algorithmes qui, même perfectionnés, font des erreurs. Et quand ces erreurs touchent des personnes innocentes, les conséquences peuvent être dévastatrices.

Ce qui s'est passé dans le cas d'Angela Lipps

En avril et mai 2025, la police de Fargo (Dakota du Nord) enquête sur plusieurs fraudes bancaires. Une femme utilise une fausse carte d'identité militaire pour retirer des dizaines de milliers de dollars. Les enquêteurs ont des images de vidéosurveillance, mais pas de nom.

Ils font alors tourner ces images dans un logiciel de reconnaissance faciale. Le système renvoie comme résultat Angela Lipps. Un détective compare ensuite manuellement les photos du permis de conduire et les profils de réseaux sociaux d'Angela avec les images de surveillance, pour lesquelles Il note des similitudes...

Sur cette base, un mandat d'arrêt est émis, et Angela est arrêtée chez elle au Tennessee en juillet. Classée comme "fugitive", elle est maintenue en détention sans possibilité de caution pendant près de quatre mois, le temps que la procédure d'extradition se fasse. Elle n'est transportée dans le Dakota du Nord que fin octobre, soit 108 jours après son arrestation.

Son avocat, Jay Greenwood, obtient ses relevés bancaires. Ils montrent qu'au moment des faits, Angela était au Tennessee : elle achetait des cigarettes dans une station-service, commandait une pizza, encaissait ses chèques de sécurité sociale. Bref, elle était à plus de 1 900 kilomètres de Fargo.

Le 19 décembre, la police l'interroge pour la première fois et le 24 décembre, les charges sont abandonnées. Elle est libérée le soir du réveillon de Noël, sans manteau, sans argent, sans moyen de rentrer chez elle. Des avocats locaux et une association l'aident finalement à regagner le Tennessee.

Aucune excuse officielle de la police de Fargo ne lui a été présentée. L'enquête sur la fraude bancaire reste ouverte, sans arrestation à ce jour. 

Selon plusieurs sources, il s'agit de la huitième arrestation injustifiée documentée aux États-Unis liée à cette technologie.

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