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L'Europe s'apprête à interdire les IA qui créent de faux nus sans consentement

Après le scandale Grok, l'Union européenne va interdire les outils d'intelligence artificielle capables de créer des images intimes non consenties. Une mesure qui pourrait entrer en vigueur dès cet été et concerner de nombreuses applications disponibles aujourd'hui.

Sources utilisées :

Jusqu'à 3 millions d'images sexuelles non consenties et 20 000 images pédopornographiques générées en seulement onze jours. C'est l'estimation du Center for Countering Digital Hate concernant Grok, l'outil d'intelligence artificielle d'Elon Musk.

Face à cette dérive, les députés européens et les représentants des 27 États membres ont approuvé une mesure visant à interdire purement et simplement les systèmes d'IA capables de générer des images, vidéos ou sons sexuels impliquant des personnes réelles identifiables, sans leur consentement. Le texte pourrait entrer en vigueur dès cet été.

Comment ces outils se sont multipliés

Ces applications de "nudification" ou "déshabillage" par IA sont devenues facilement accessibles, parfois gratuitement. Il suffit d'uploader une photo de n'importe qui (une collègue, une voisine, un enfant) pour obtenir en quelques secondes une image modifiée montrant cette personne dénudée ou dans une situation sexuelle.

Le cas Grok a servi de déclencheur parce qu'il touchait un outil grand public, intégré au réseau social X, utilisé par des millions de personnes. Fin 2025, l'assistant d'intelligence artificielle de xAI permettait de générer ces images sans véritable garde-fou. Sous la pression, la plateforme a restreint l'accès mi-janvier, d'abord aux abonnés payants, puis en bloquant les contenus sexualisés dans certaines juridictions.

Ce que l'Europe va interdire concrètement

Mercredi 18 mars 2026, les commissions des libertés civiles et du marché intérieur du Parlement européen ont approuvé un amendement à la législation sur l'intelligence artificielle. Le texte définit précisément ce qui sera banni : "tout système d’IA qui modifie, manipule ou génère artificiellement des images ou des vidéos réalistes de manière à représenter des activités sexuellement explicites ou les parties intimes d’une personne physique identifiable, sans le consentement de cette personne".

Les ambassadeurs des 27 États membres avaient déjà validé vendredi dernier une proposition similaire, portée notamment par la France et l'Espagne, visant à bannir "les services d'IA en matière de génération d'images sexuelles et intimes non consenties, ou pédopornographiques".

Le processus n'est pas encore terminé : l'ensemble des eurodéputés doit se prononcer le 26 mars en séance plénière, puis le Parlement et les États membres devront s'accorder sur une rédaction finale.

Une exception pour les outils sécurisés

Le texte prévoit toutefois une nuance : l'interdiction ne s'appliquerait pas aux entreprises "qui ont mis [en place] des mesures de sécurité efficaces pour empêcher la production de telles représentations et éviter leur utilisation abusive". Autrement dit, la loi ciblerait les outils conçus pour ou permettant facilement cette dérive, pas nécessairement tous les générateurs d'images.

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