Adobe accepte de verser 150 millions de dollars pour solder une affaire de pratiques abusives dans la gestion de ses abonnements aux États-Unis. L'éditeur des célèbres Photoshop, Illustrator ou Premiere Pro a conclu un accord à l'amiable avec le Département de la Justice américain en mars 2026, après une plainte déposée en juin 2024 par la Federal Trade Commission (FTC).
Combien d'entre nous avons déjà renoncé à résilier un abonnement parce que c'était "trop compliqué" ? Cela porte un nom : les dark patterns.
Adobe Creative Cloud : un passage forcé à l'abonnement en 2013
Pour comprendre l'affaire, rappelons qu'Adobe a abandonné la vente de licences perpétuelles en 2013. Avant cette date, vous achetiez la Creative Suite une fois, et elle vous appartenait. Depuis, cela passe par un abonnement mensuel à Adobe Creative Cloud.
Ce modèle économique semblait séduisant au départ : quelques dizaines d'euros par mois au lieu d'un gros investissement initial. Mais il a aussi créé une dépendance : les créatifs, graphistes, photographes et vidéastes professionnels ou amateurs n'avaient plus vraiment le choix. Et Adobe le savait parfaitement.
Ce que la justice reproche à Adobe
La FTC a identifié plusieurs pratiques que l'on qualifie de "dark patterns", ces techniques de conception volontairement trompeuses qui vous poussent à faire ce que l'entreprise veut, pas ce que vous voulez. Si vous avez 10 minutes et vous voulez en savoir, je vous conseille la très bonne vidéo de BastiUI sur le sujet : CES SITES VOUS MANIPULENT : Les Dark Patterns
De plus en plus d'entreprises utilisent ces pratiques malveillantes, ce qui a le don de me mettre hors de moi !
Adobe devra verser 75 millions de dollars au Département de la Justice et provisionner 75 millions supplémentaires en services gratuits pour dédommager les clients lésés. L'entreprise affirme avoir déjà simplifié ses processus d'inscription et de résiliation ces dernières années, tout en niant toute faute.
Les utilisateurs concernés par les dédommagements seront contactés directement une fois l'accord validé par le tribunal. Reste à voir combien de personnes seront réellement éligibles, et quelle forme prendront ces "services gratuits".