Une étude Ifop menée avec le journaliste Thomas Huchon vient de tomber : 89% des Français échouent à un test basique de détection de fake news, avec une moyenne nationale de 5,4 sur 20. Seul 1% des participants dépassent 15/20.
Cette difficulté touche tout le monde. Peu importe votre âge ou votre diplôme : nous sommes tous vulnérables face à la désinformation. Et avec l'arrivée des contenus générés par intelligence artificielle, le défi devient encore plus complexe.
Pourquoi c'est si difficile de repérer une fake news ?
L'information circule aujourd'hui à une vitesse folle sur les réseaux sociaux. Entre les contenus viraux, les deepfakes créés par des IA comme Grok, et la multiplication des sources, l'environnement médiatique évolue plus vite que notre capacité à l'analyser.
Le quiz "Anti Fake News" utilisé pour cette étude montre que nous manquons collectivement de repères. Quand une vidéo, une photo ou un titre percutant apparaît dans votre fil, vous avez quelques secondes pour décider si c'est crédible. Et dans ces quelques secondes, notre cerveau préfère souvent croire ce qui confirme ce qu'on pense déjà.
Qui est le plus touché par la désinformation ?
L'étude révèle quelques différences selon les profils, même si personne n'est épargné :
- Les jeunes de la génération Z s'en sortent un peu mieux (entre 6,3 et 6,7/20), tandis que les plus de 65 ans obtiennent environ 4,8/20
- Le niveau d'études compte : 7,6/20 pour les diplômés du supérieur contre 4,4/20 sans le bac
- Le temps passé sur les réseaux sociaux joue contre vous : moins de 2h par jour = 5,6/20, plus de 5h par jour = 4,9/20
- Diversifier ses sources d'information aide : ceux qui consultent régulièrement la presse quotidienne nationale obtiennent de meilleurs scores
Selon les estimations citées dans l'étude, la désinformation représenterait plus de 400 milliards de dollars de coûts dans le monde en 2024. Au-delà du chiffre, c'est notre capacité collective à prendre des décisions éclairées qui est en jeu.
Bref.
- Pausez-vous avant de partager : un contenu qui vous fait réagir émotionnellement (colère, indignation, enthousiasme) mérite 30 secondes de vérification supplémentaires
- Vérifiez la source originale : qui publie l'information ? A qui profite l'information ? Est-ce un média reconnu ?
- Cherchez une deuxième source : si une info importante n'est relayée que par un seul compte ou un seul site = méfiance
- Limitez votre temps sur les réseaux : l'étude le montre clairement, moins vous scrollez, mieux vous distinguez le vrai du faux