Un tribunal bavarois a condamné le 27 février 2025 Mikheil Biniashvili à sept ans et demi de prison pour avoir orchestré un vaste réseau d'arnaques téléphoniques. Le préjudice total atteindrait les 50 millions d'euros, et des milliers de victimes (principalement dans les pays germanophones) ont tout perdu : économies, projets de vie, confiance.
Cette affaire, révélée par l'organisation de journalisme d'investigation OCCRP, illustre comment les arnaques aux faux placements continuent de prospérer, malgré les alertes répétées. Et surtout, elle nous rappelle que derrière un appel bien rodé, il y a parfois une organisation criminelle.
Comment fonctionnait cette arnaque industrielle ?
Entre 2017 et 2019, Biniashvili a dirigé depuis l'Albanie un centre d'appels frauduleux employant jusqu'à 600 personnes. Le procédé était rodé : après avoir rempli un formulaire en ligne pour un soi-disant placement financier, les victimes recevaient un appel d'un « conseiller » formé spécialement pour créer une relation de confiance. L'objectif était de les convaincre de déposer le plus d'argent possible.
Bien sûr, aucun investissement réel n'était effectué. Les fonds étaient simplement empochés, alors que le tribunal parle d'ailleurs de « vies entières détruites ».
Un logiciel vendu à d'autres escrocs
Ce qui rend cette affaire encore plus grave, c'est que Biniashvili ne s'est pas contenté de diriger ce centre d'appels. Il a aussi développé et vendu le logiciel PumaTS, un outil de gestion permettant de suivre les victimes, leurs profils, leurs interactions. Ce logiciel a été revendu à d'autres réseaux criminels en Géorgie, en Ukraine et ailleurs, démultipliant l'ampleur de la fraude.
On retrouve ce même logiciel dans d'autres affaires d'arnaques révélées récemment. Autrement dit, Biniashvili a industrialisé l'arnaque téléphonique.
Soyons honnêtes : aucun vrai conseiller financier ne vous contactera par téléphone après un simple formulaire en ligne.
Voici ce que je vous recommande :
- Ne donnez jamais suite à un démarchage téléphonique pour un placement, même si la personne semble professionnelle, sympathique, bien informée. Raccrochez poliment.
- Vérifiez l'agrément de toute plateforme ou intermédiaire financier sur le registre de l'AMF (Autorité des marchés financiers). Si ce n'est pas listé, fuyez.
- Ne remplissez pas de formulaires « pour en savoir plus » sur des sites que vous ne connaissez pas. Vos coordonnées deviennent immédiatement une cible.
- Parlez-en autour de vous : ces arnaques fonctionnent parce qu'elles isolent la victime. Un proche peut voir ce que vous ne voyez plus quand vous êtes pris dans la relation de confiance.